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La crue de la Rivière de Loire de 1733

La « crue de la Pentecôte » de 1733 (28 mai) paraît avoir dépasser 6 mètres au-dessus de l’étiage à Orléans. Une crue extraordinaire. Elle provoqua de nombreuses brèches dans les levées, les terres furent ensablées. Ce fut la dévastation du pays. En voici le récit dans les registres municipaux de la ville d’Orléans.

« Le 28 may 1733 il arriva un grand débordement de la rivière ; de mémoire d’homme on n’avoit veu les eaues monter si hault, et de plus grande force.
La levée rompit au-dessus de Sandillon, près les relligieuses de St Charles à l’endroit nommé La Brèche, et au-dessous du pont au quartier de Guinegault, tout le val fut innondé, plusieurs maisons furent emportées, et beaucoup de murs renversés. Une partie du gros murs de la mothe St Antoine , du costé du Chatellet, tombèrent et le pont de communication à lad Mothe fut emporté ou plusieurs personnes qui se trouvaient dessus périrent ; La motte aux poissonniers fut très endommagée, et plusieurs arches du pont furent ébranlées, quantité de batteaux et sept moulins à bac firent nauffrage.
Ce débordement causa une perte inexprimable, tant aux terres ensemencéees, qu’aux vignes arbres fruitiers, et marchandises en magasins et en caves et aux bestiaux de toute espèce.
Messieurs les maire et échevins au soulagement des habitans firent porter plusieurs toues chargées de pain pour estre distribué par des cinquantaines ? dans tout le val, firent établir des batteaux aux deux brèches pour assurer la communication des levées et passer les habitans qui se trouvèrent enfermés par les eaux.
Lorsque les eaues furent retirées, Messieurs firent distribuer de l’argent aux pauvres inondés qui se trouvèrent sans secours, pour les faire subsister.
La désolation généralle obligea plusieurs personnes de considération de s’associer, et de composer un bureau pour recueillir les charitées et en faire la distribution…

Messieurs Germon de la Roucelière maire et Curault de l’Epinière échevin se trouvèrent lors à Paris pour les affaires de la ville. Sur l’avis que la compagnie leur donna de l’état déplorable où l’innondation avoit réduit la ville et les environs ils obtinrent de Monseigneur l’Archevêque un mandement pour faire une quête dans Paris d’où ils raportèrent plus de neuf mil livres de charités.
Par les soins de monsieur de Melleray auprès de Monsieur d’Argenson Monseigneur le duc d’Orléans donna plus de quarente mil livres.
Toutes les sommes rassemblées chacun de messieurs du bureau prit son département pour visiter les paroisses inondées où ils firent des états des pertes souffertes, sur lesquels le bureau distribua aux laboureurs, vignerons, et journaliers des bleds et autres grains pour ensemmencer les terres, et pour subsister pendant l’hyver, et aux pauvres des hardes et chemises à l’usage des hommes, femmes, et enfans, et à plusieurs des espèces suivant l’exigence des cas.
Messieurs les échevins eurent pour leur département la paroisse de St Marceau , St Jean Le Blanc e t St Pryvé qui se trouvèrent les plus affligées.
Monseigneur l’évêque d’Orléans distribua de son costé beaucoup de charitées aux curés des paroisses inondées pour en faire la distribution aux pauvres. »

[1] La motte St Antoine et la motte des Poissonniers sont deux îles de part et d’autre du pont.

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